Peur et répugnance à Cuzco 2

Une rencontre sur un chantier c'est... Si romantique. Un chantier comme un autre. Sur la la haie qui le délimite un dessin de mise en situation montre une famille heureuse de faire ses courses. El sueño americano, en quelques sorte.
Mais trêve de Blablas. Max, notre ennuyeux convoyeur de fonds made in place Vendôme, rencontre enfin notre cible : Alberto Fujimori, acompgné d'un gorille tout de cuir vêtu, comme un biker. Jack ne dis riens, mais le peu de temps que je l'ai côtoyé me laisse supposer chez lui comme une jouissance intérieure silencieuse.
Petite discussion tranquille entre les deux gus. Fujimori parle de cet argent comme s'il s'agissait de quelque chose de légitime, comme quelque chose qu'il aurait gagné à la sueur de son front. Je me demandes ce qu'en pensent nos commanditaires.
En même temps je sentait comme quelques chose d'oppressant dans l'air, comme si le ciel allait faire pleuvoir des grenouilles... Ou des éléphants roses. J'en ressentit comme un soulagement quand Jack me tapa sur l'épaule afin que nous entrions en piste. Cela me rapprochait de la délivrance, il semblait absolument sûr que quelque chose de démoniaque était à l'oeuvre dans cette ville. Alors, nous enfilâmes de jolis passes-montagne et apparûmes devant ces sales racailles qui ne méritent pas de vivre. Nous tirâmes quelques rafales en l'air, ce qui fit de jolis étincelles et je remarqua alors qu'une MP5 vibre beaucoup plus qu'un gros téléphone portable. Jack donnait dans la méthode Assimil un joli cours d'espagnol : « Ola compañeros ! Señor Fujimori, esse diñero no es suyo, mas de los servicios del Tyrol.
Fujimori : Réaprend l'espagnol gringo. Je ne dois rien au toilettes du Tyrol.
Jack : Ne joue pas sur les mots, ce pognon ne t'appartient plus, si tant est qu'il ne t'ai jamais appartenu. Je connais des gens qui veulent le récupérer. De plus, tu nous fera le plaisir de nous suivre sans tes deux amis.
Fujimori : Comme c'est mignon. Je conçoit que les services secrets du Tyrol se soient sentis blessés dans leur amour propre. Cepandant, il est hors de question que je perde moi même la face. »
Et c'est à ce moment là que la règle de Murphy qui veut qu'aucune raison ne justifie la merde qui t'arrive se vérifie. Une vingtaine de mauvais garçons des bidonvilles de Lima apparaissent, derrière Fujimori, armés de couteaux, de battes de Base ball ainsi que de vieux revolvers pour une demi douzaine d'entre-eux. Je ne sait pas ce qui se passait, mais il semblait que que Zander devenait livide et que ses dents poussaient, surtout les canines. Il me semblait, aussi, que certains des portes flingues de Fujimori, troquaient leurs armes contre des instruments de musique et pour jouer un air de mariachi. Et c'est ce moment que choisirent pour apparaître, juste en face, de superbes guerrières moulées dans des pantalons de lycra noir avec débardeurs assortis ornés d'une tête de mort rose. Elles portaient toutes un masque comme celui de Bruce Lee dans Le Frelon vert. A leur tête il y avait une Valkyrie qui semblait être un sosie de Monica Beluci, mais en moins fade. Elle enleva son masque et s'approcha de Fujimori, qui n'avait pas l'air dans son assiette. Elle s'adressa à lui avec un accent espagnol si torride qu'il ferait passer Victoria Abril pour une coincée frigide.
« Elle : Alberto, mi chino, mi amor. C'est oun plaisir immense que de te revoir. (1)
Fujimori : Sylvia. Je suis moi même très heureux de ...
Elle : Calla te cabron ! Tou aurais pou me ramener avec toi quand tou est parti.
F. : mais mon petit sushi, je n'en avais pas le temps tu sait. Ma femme, mes enfants comment leur anoncer...
Elle : Et tou penses que c'est oune excouse soufisante pour envoyer mes lettres à ma famille ? Tou sait ce que l'on fait à oune fille adoultère dans ma famille. On l'envoie au couvent.
F. : Ecoutes, c'est très intéressant ce que te tu me racontes là, mon petit hibiscus, je serais très heureux d'en discuter autour d'un bon café conlombien, mais voit tu, là, je suis quelques peu occupé cet immonde portugais vulgaire et le gamin qui est avec lui cherchent à me voler mon argent et il faut absolument leur donner une bonne leçon.
Jack : Oui, en fait, je suis sûr, mademoiselle, que vous avez beaucoup de choses à dire à votre ami, mais nous avons besoin aussi de son enveloppe corporelle pour une petite expérience cinématographique. »
Le gamin. Faisait-il référence à moi. Évidemment que oui. Pourtant, au moment ou il menaçait mon intégrité physique, j'était plus préoccupé par la mitrailleuse qui senblait encore vibrer dans mes mains et les musiciens qui jouaient de plus en plus fort un air de violoncelle strident bientôt accompagné à la guitare. Puis tout s'enchaîna très vite.
Sylvia empoigna Fujimori pendant que les autres femmes retenaient les portes flingue qui ne jouaient pas. Elle fut retenue par Jack qui ne voyait pas que des chauves souries sortaient des mains de Max Eckhart dans ma direction. Je gigotait et tentais de les chasser avec la mitrailleuse, mais, bien entendu, je n'en ai eu aucune et elles me frôlèrent de si près que j'ai bien cru que l'une d'entre elles allait me morde. Ma mitrailleuse s'est alors transformée en serpent et je l'ait aussitôt jetée à vingt mètres de moi. Au moment où, emporté par une étrange fièvre, j'était sur le point de tomber dans les pommes, je vis qu'Eckhart avait été touché par une bale perdue.
Les musiciens faisaient un mix en passant d'une chanson parlant d'honneur et d'amour perdu à Bala perdida de la Mano Negra.
Puis ce fut le noir...
To be continued


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