Secrets, mensonges et chorizo / accueuil

dimanche, octobre 30, 2005

Peur et répugnance à Cuzco

Je ne sais pas pourquoi je met autant de temps à raconter cette histoire. Peut être à cause de ce qui s'est passé à Cuzco. J'avais quatre heures de route dans les bottes. Et puis ces quatre heures de route m'avaient permis de redescendre de ce qui s'était passé dans la maison bourgeoise. Certes, me direz vous, dans un pays d'Amérique du Sud comme le Vénézuela ou le Pérou, quand on vit aussi bien, c'est que l'on est responsable de la misère de pas mal de monde et que là où la plupart des mouvements contestataires de gauche vous parlent de darwinisme économique, on est déjà passé à l'élevage de la misère. Car il faut de la misère pour créer de la richesse. Je commençait à me rendre compte de la réalité des évènements malgré l'impression de ne les jamais avoir vécus tant ils ressemblaient à un mauvais trip d'acide. Alors, pour que je ne puisse pas douter, la réalité m'a rattrapé.
Il faut croire que si j'avais été un drogué convaincu, jamais je n'aurais supporté Cuzco. Au coeur de la forêt d'Amazonie, à trois mille mètres et des poussières d'altitude, la chaleur est étouffante. Elle n'est rendue supportable que par le maté de coca. Des hectolitres de sang avaient coulés autrefois ici. Tellement d'hectolitres que Quentin Tarantino et ses films pour fillettes pourraient aller se rhabiller. Et le plus scandaleux, dans tout ça ? C'est que la ville ne semble pas en porter les traces. Les gens sont paisbles, et ça n'a rien d'une facade.
J'avais Proposé à Jack de prendre le volant pour qu'il soit plus alerte, il avait refusé. Jamais il n'aurait donné le volant à qui que ce soit, c'était comme de perdre son statut de chef. Les services secrets tyroliens aiment engager des personnes aux capacités spectaculaires. Il paraît que ça contribue à leur prestige. Il dit, qu'il aime ces cités étouffantes à la tombé de la nuit. C'est sûr, cela n'a rien des nuits froides et humides de Brest. Ma chemise était trempées et pourtant je ressentais tout de même la fraîcheur qu'il est naturel de rencontrer le soir dans les terres équatoriales. Le pire, c'est que cette saloperie d'enflure de publicité Ricola et Hugo Boss sur pattes qu'est Max Eckhart, ne lâchait pas la moindre goûte de sueur.
Il s'était arrêté dans un restaurant simple, mais à la propreté d'autant plus visible, qu'elle contrastait avec la saleté des ruelles avoisinantes. Et nous, on mangeait dans la voiture. Jack appela Helmut pour lui signaler notre position. Si jamais, il nous arrivait des bricoles, il resterait des traces des évènements pour ceux qui prendraient la suite. Max aussi, passa un coup de fil. On se doutait bien qu'il n'appelait pas sa femme. Il finit de manger, traîne un peu dans les quartiers touristiques, achète une flûte de pan et un ocarina en terre cuite, tous deux fait main par des gens qui ne s'imaginent même pas à quoi ressemble la console murale Conran, sur laquelle ces instruments reposerons. Peut-être sait-il par contre que les instruments qu'il a fabriqué ne sont pas destiné à servir. Et Max ? Il aimera parler à ses amis du mode de vie simple des gens à qui il les a achetés. Parfois, il soufflera dedans et dira que le son est inimitable. Il en profite pour acheter une toile style naïf représentant une cérémonie catholique ou une statue de la vierge marie. Salaud de riche.


On a bien cru qu'il n'allait jamais arrêter ses emplettes. Heureusement pour mes nerfs Vers 22h, il se décide à faire quelque chose d'intéressant; En l'occurrence, se rendre sur un chantier en pleine nuit. Bien sûr, on lui a laissé une porte ouverte. Sait-on jamais, il aurait pu se salir en escaladant la baricade. Le Signe encourageant, c'est qu'il a pensé à prendre la valise de cet après-midi. On allait enfin rencontrer Fujimori, plus connu sous le nom de El Chino.
Jack prend à nouveau les pistolets mitrailleurs dans le coffre et ce coup ci je suis beaucoup plus conscient de l'utilité, réelle de ces chose.
_Jack.
_Oui.
_Il faut que je te rappelles que je n'ai jamais su me servir de ces trucs là.
_C'est les mêmes que dans Piège en haute Mer. Donc t'as un petit bouton pour bloquer, mettre en tir simple ou en rafale. Pour le reste t'occupe, t'aura pas besoins de changer un chargeur, et s' t'en avait besoin, tu sera mort avant, dit il avec un large sourire. Donc tu le pointes sur les gens d'un air menaçant. Si Max fait, le con je l'abat, ou tout du moins je l'imobilise.
_Quelle différence ça fait ?
_Vaut mieux laisser un agent ennemi blessé, que d'avoir à planquer son cadavre. Là il chercherais à se planquer lui même. Bon pour la mitrailleuse, si quelqu'un ne te prend pas au sérieux, tires dans sa direction. On y va. J'aurais préféré avoir avoir des lunettes de vision nocturne, mais tant pis.


To be continued...